Abstraction #1 ► "Ressentis"

En marge de ses thèmes habituellement abordés, Jean Jack Moulin présente ici une interprétation personnelle de moments vécus, jalonnés d’incertitudes, de questionnements sur la solitude, l’éloignement, la disparition d’êtres chers et le vide qu’ils nous procurent.

 

« Abstraction » est une « non présence » du sujet. L’histoire est donc ailleurs et en choisissant cet angle différent, l’auteur modifie les codes habituels de la photographie car la petite série déstabilise et nous bouscule. Ici la notion d’instantanéité et celle du temps passé ou à venir, reste simplement suggérée.

 

 

« Abstraction#1 » présente des scènes réelles et des ressentis vécus par le photographe. Avec cette série, Jean Jack Moulin a souhaité confier ses images à Marion Fischer-Barre, comme il avait déjà pu le faire avec « Ut Pictura Poesis » en 2010. Cette fois encore, son amie nous offre une écriture et un regard très personnels sur la série mais, avec « Abstraction#1 » chacun de nous est finalement invité à se forger sa propre histoire.

 


« Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices ! Suspendez votre cours ! »
Alphonse de Lamartine  -  extrait de « Le lac »

Scènes de vie au fil de mes errances. Temps suspendu. Qui ai-je manqué ? Quelle présence ? L'inconnu le long du quai de gare, parti pour un ailleurs sur un chemin pédestre. Vers un renouveau ; vers une autre vie. Attendez monsieur... votre valise ! Il est déjà parti... n'était déjà plus là à mon arrivée.  Mais depuis quand ?
Mes pas me mènent à cet Océan, implacable de tranquillité où peut-être se sont noyés les mots des amoureux, leurs baisers sablés et leurs promesses joyeuses. Sans doute ont-ils rejoint quelques amis au bord de l'eau, les regardant surfer, riant enlacés et discutant du film qu'ils auraient aimé voir dans le vieux cinéma.
Je suis là et sens leur présence, la force de leur existence... leurs émotions glacent mon sang. Je pourrais les apercevoir en fermant les yeux et entendre battre leur cœur à la place du mien. Dans une incroyable harmonie.  
Mais un peu plus loin, mon regard est happé par cette voiture stationnée ! Est-elle abandonnée ? Elle attend le retour de son propriétaire. Non, il ne reviendra pas.
Destins croisés où l'absence reprend vie ou se fige et s'arrête. Le temps passe et pouvez-vous me dire que, réellement, rien ne se passe ?

Marion Fischer-Barre





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